Décentralisation et dynamiques territoriales et patrimoniales
Dans le contexte des questions de développement, le présent module vise à approfondir les dynamiques locales et territoriales.
Qu'elles soient issues de la décentralisation (par l'institution centrale étatique) ou de processus de territorialisation divers (e.a. par les acteurs locaux), ces dynamiques dessinent un ensemble de processus interactifs. Il sera ici question des stratégies d'acteurs entre les divers niveaux de pouvoirs, y compris dans le cadre de réseaux de coordination et de coopération horizontaux ou verticaux, des transferts ou des appropriations de moyens et de compétences mais également des processus locaux de développement.
Organisation :
Le module se répartit en 7 séances : une séance introductive où seront exposés la structure de l'enseignement, ses enjeux politiques et scientifiques et les diverses parties du module, 5 séances thématiques abordant divers aspects des processus visés, une séance récapitulative permettant un échange globalisé entre participants.
(1)Séance introductive
(2)5 séances thématiques
(3)Séance de synthèse
Le module se déroule au second semestre à :
l'ucl, en demi-journée de 3 heures (soit 10 à 13h, soit 14 à 17h),
le première séance se tiendra la semaine du 11 février (le jour est à fixer) de 14 à 17h.
Eléments thématiques :
Les séances thématiques seront axées sur une problématique particulière et se centreront sur un bagage théorique, conceptuel et appliqué particulier.
F. Leloup : Territorialité et patrimonialisation ou comment le caractère spatial d'un objet, sous condition d'un changement de fonction, de l'élaboration d'un projet et d'une appropriation par les acteurs amorce un processus de développement. Cette dynamique associant l'échelle globale (e.a. UNESCO) et les échelles nationale et locale.
Les bases théoriques mises en évidence portent sur l'économie territoriale, la notion de ressource et d'actif, le processus de patrimonialisation, les processus de construction et de réappropriation identitaires à partir d'exemples appliqués. Ces éléments se basent sur les travaux d'auteurs tels que Guérin, Faure, Pecqueur, Joyal ou Crevoisier.
M. Mormont : Décentralisation et conservation. La conservation de la nature et aujourd'hui de la biodiversité a été profondément marquée, depuis deux décennies, par des démarches de décentralisation et d'association des populations et autorités locales à la gestion des ressources naturelles. Différentes tendances ou écoles de pensée parmi lesquelles la « community based conservation » ou les « Integrated Conservation and Development Projects » ont développé toute une série de pratiques de gestion décentralisée. Un bilan de ces approches met l'accent sur différents facteurs clés de ces processus de décentralisation : notamment la composition et la structuration des collectivités locales, le concept même de « communauté locale », les découpages spatiaux et institutionnels, le caractère multiscalaire des coûts et des bénéfices, les liens aux dynamiques sociales et institutionnelles, ainsi que le statut donné aux formes de gestion locale. Ce bilan contrasté éclaire la complexité des processus de décentralisation ainsi que les conditions nécessaires de l'appropriation locale ou de la constitution d'un patrimoine « local ».
P. Lebailly : La dimension agricole dans les dynamiques territoriales et patrimoniales est primordiale. L'agriculture est et restera l'activité qui occupe le plus l'espace mais les critères traditionnels de segmentation évoluent et évolueront de plus en plus rapidement. A la conception polarisée de l'espace est venue graduellement se mettre en place celle de l'espace intégré. En outre, en économie rurale, le caractère particulier du facteur "terre" auquel on peut de plus en plus associer le facteur "eau" incite à une réflexion sur la légitimité de son appropriation privée et de la rente foncière qui en découle.
B. Declève : Patrimoine et développement local. Le rapport entre les processus de patrimonialisation et les stratégies de développement local axées sur le tourisme sont de plus en plus souvent érigées en alternatives de développement local. Dans cette perspective, la patrimonialisation ne peut servir le repli d'une société sur son passé et sa singularité ; c'est un enjeu d'échanges, de métissages divers et aussi de combat. A qui revient-il de définir les objets culturels chargés de « signifier » la mémoire collective des processus de longue durée par lesquels une société locale s'approprie l'espace en tant que territoire ? Et à quelles conditions ces valeurs patrimoniales peuvent être proposées dans un processus d'échanges tels que le tourisme ? On situera cette réflexion dans une perspective méthodologique axée sur l'analyse critique d'un mouvement de pensée de l'urbanisme où la planification stratégique est conçue comme un processus de discussion permanente.
Evaluation
Evaluation collective sous la forme d'un travail écrit d'une dizaine de pages maximum utilisant les concepts et outils présentés dans deux des séances (au moins), les articulant et les discutant de façon critique (idéalement par rapport à la recherche doctorale en cours).